Josef Steinlehner à Djibouti (1913)

Josef Steinlehner était avant tout un éditeur de cartes postales et, nous l’avons signalé (), un pionnier des maxi-cartes. Au cours de ses voyages, il entretenait une correspondance avec des collectionneurs, laquelle nous offre des éléments chronologiques sur la vie du photographe-voyageur.

Toutes ses cartes, expédiées en voyage, sont numérotées (coins supérieur gauche). La calligraphie ne permet pas toujours un déchiffrement facile, mais les informations chronologiques et géographiques sont néanmoins ponctuées par des bribes des contenus. L’ensemble suggère un itinéraire.

Ainsi, nous savons que Josef Steinlehner était en 1909 en Grèce ou en 1925 en Turquie. Le voyage qui nous intéresse ici peut être ainsi reconstitué: Constantinople (date illisible), Chypre en décembre 1912, puis Jérusalem le 9 janvier 1913 et il arrive à Djibouti en mai 1913. Sur une première carte expédiée le 30 mai, il annonce s’installer à Djibouti dans le quartier de Dar es-Salam où il résidera jusqu’à la fin août 1913. Cette carte porte le numéro 10 de la série expédiée à ce correspondant de Mühlhausen (Bavière).

STEINLEHNER Djibouti 1913 -1 recto-1 LRSTEINLEHNER Djibouti 1913 -1 verso-1 LR

 

Le lendemain, puis le surlendemain, deux autres cartes sont envoyées, qui se suivent dans la numérotation. La fréquence rapprochée des expéditions, ainsi que le peu d’information contenu sur les cartes, semblent indiquer que les textes sont prétextes à expédier les cartes postales qui doivent servir une collection ou un commerce philatélique. Sur l’une et l’autre carte, il paraphrase la légende imprimée au recto; alors que sur la troisième (datée du 1.VI.13), il fait allusion à l’Abyssinie sans que j’aie pu comprendre précisément ce qu’il annonce.

 

Voyageur, mais pas photographe

Nous avons déjà mentionné la carrière de photographe que Steinlehner a menée, mais cette série de cartes postales, expédiées de  Djibouti, ne sont pas son oeuvre, mais bien des cartes achetées sur place. Il faut noter détails. Au cours de ses voyages, Steinlehner a pris l’habitude d’apposer un cachet multilingue à l’endroit de l’affranchissement, précisant que les timbres sont sur le recto (côté photo de la carte postale). De cette manière, il peut pratiquer comme avec une maxi-carte ou, comme c’est le cas ici, cacher des informations indésirable. C’est ce qui apparaît en comparant ces cartes expédiées par Steinlehner au prototypes ci-dessous : le nom de l’éditeur ou du photographe a été recouvert par le timbre.

Ces deux dernières cartes postales ont été initialement éditées par le photographe d’origine indienne J. G. Mody, éditeur connu qui fut actif au cours des deux premières décennies du XXe siècle à Djibouti et en Éthiopie. Ses cartes furent ultérieurement rééditées par Georges Brouillet (avec l’indication “cliché G. Brouillet”) et plus tard encore (vers 1925/1930) avec le crédit “cliché G. B.” au niveau de la division du dos. Celle montrant la danse des guerriers a aussi été colorisée, mais sans la moindre mention d’un éditeur.

Mody a édité d’autres cartes postales prises, selon toute évidence, au même moment et avec les mêmes acteurs que la “danse de guerre ‘Issas’ “.

 

 

 

 

 

 

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